La voie du silence veut prendre le dessus.  Laissons-lui toute la place.

Faisons confiance à notre souffle, seul élément toujours disponible.

Je reviens dans la part de mon ombre.

 Mon corps je t'aime.


Souvenez-vous des doutes que j'ai eus à m'étaler aux yeux de tous.  Ne pas vouloir perdre ma solitude, hésiter à me découvrir, perdre le privilège de ne rien devoir à personne, ne pas avoir à faire l'effort de retrouver le fil conducteur pour remettre la bulle en marche à chaque fois, combattre contre cet irrésistible désir de ne rien faire, et surtout apprendre à coller des mots pour enfin livrer et délivrer de son essence cette formulation qui m'a inspiré tout les restes de ce sens de l'autre qui m'infiltre. 

Des constats, des sensations de culpabillité à remédier et enfin la liberté de poser les deux bras sur son ventre, tel qu'il est, et lui dire toute la reconnaissance d'avoir porté à la fois les enfants qu'on a enfantés et également ceux que la terre nous recommande au gré des jours.  C'est ce toujours même corps à qui on a fait subir des meurtrissures et des abus, toujours lui qui nous transporte d'une peine à l'autre, d'une mouvance à l'autre, sans répit et souvent sans remerciements.  Merci à mon corps je t'aime.

Par canel
Mardi 10 novembre 2009 2 10 /11 /2009 13:21
- Publié dans : Table rase
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Se sentir coupable de parler de soi. Il y a de ces fois où l'on voudrait s'effacer.  Disparaître, ne plus être vue, ne plus être vu et reprendre le privilège de vivre sans rien devoir.  Cette gêne, ce désir de retranchement, pourquoi se placer en situation de vulnérabilité alors qu'il y a plus simple à faire pour éviter tout jugement. De toute façon, on ne peut pas accrocher tout le monde.  On dirait qu'il y a des catégories de gens avec qui on se reconnaît et d'autres qui semblent s'efforcer pour nous faire pressentir l'opposé de ce que nous pensons être.  Tout ça a terriblement peu d'importance tant qu'on ne fait pas de mal.  Et tant mieux si de surcroît on se reconnaît des noeuds communs. Ne pas se faire de mal.  Se sentir comme si l'on vivait dans une pièce entourée de moustiquaire.  Que du moustiquaire, l'air y passe de partout, on est perçu de tous les côtés, on devient la transparence qui ne veut qu'être non rejetée.  Sans balises, sans doctrines, sans référent autre que soi même pour décider une fois pour toutes d'être bon... point à la ligne.   L'entendement culturel pourrait prendre racine ici, au milieu de ce cube transparent. Se rallier ici même à la certitude humaine que la nudité ne sera pas frappée.  L'hostilité qui naît de la crainte de perdre quelque chose de soi pourrait bien prendre sommeil et cesser de discréditer l'autre. Quelle limpidité.  Faire naître en soi cet espace inédit et y croire.  Y croire à chaque fois que nécessaire, à chaque fois que ressenti comme bon et que désiré. Un espace commun à soi, doublé d'une maturité qui a su prendre seule sa responsabilité d'être bon, sans religion.         
Par canel
Jeudi 3 septembre 2009 4 03 /09 /2009 23:31
- Publié dans : La culpabilité
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J'aime ma solitude parce qu'elle me rend confortable avec les autres.  J'aimerais qu'on vienne y rajouter sa vision parce qu'on la vit toutes et tous différemment et que c'est un sujet grandement fragile.  Pour écrire, il ne faut pas nécessairement trop hésiter, je crois que l'honnêteté avec le vide est crucial.  Ce vide omniprésent.  Non pas que la pensée soit sans ressource mais elle n'est pas toujours en contact étroit avec son objet, elle nécessite un réchauffement  qui fait dépasser la panique. Il n'est pas nécessaire de se dire écrivain car pour cela il faut avoir lu beaucoup.   Mais l'acte d'écrire attire.  Je n'ai pas assez écrit non plus.  Un jour on m'a volé ma dactylo et il m'en a fallu du temps pour reprendre le fil. Coller des mots, c'est comme se recoller soi-même et reconnaître des pièces de pensées qui avaient déjà passé et qu'on n'avait pas retenues. Être confortable avec l'heure qui passe et le dire, voilà un sens à ce que j'entretiens.  Une chose qui donne beaucoup de sens, c'est le regret.  Parfois on regrette un objet.  Un objet dont on s'était défait mais qui en fin de compte revient régulièrement hanter vos visions et nous recuit vivement une émotion de privation et de remords.  J'aurais donc pas dû.  Ça nous empêche d'avancer le temps qu'on y pense puis il faut bien s'y faire, c'est trop tard.  J'ai trouvé un moyen d'y remédier partiellement.  À chaque fois que la hantise sournoisement me revient, je la dompte en lui accordant toute la place.  Je revois l'objet, l'observe comme s'il était encore là, le malaise monte, non je ne l'ai plus ce beau souvenir, pourquoi l'ai-je abandonné et pourquoi est-ce que ça me dérange autant.  Et voici qu'en retour, j'y découvre tout doucement le sentiment d'attachement très chaleureux et très réel incrusté dans le souvenir même de l'objet. Alors maintenant lorsque le souvenir de l'objet me revient, je laisse le manque monter et la sensation cuisante se transforme en un souvenir aimant de l'objet ainsi que des gens qui y sont associés.  C'est une façon émouvante de mieux faire avec la douleur, et avec la pratique l'effet est total.       
Par canel
Lundi 31 août 2009 1 31 /08 /2009 23:49
- Publié dans : La culpabilité
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J'aime entendre ma pensée.  Ou plutôt j'aime m'entendre penser.  Lequel est le plus juste.  J'aime penser que mon discours intérieur, soit-il moral parfois, cherche sa résonance dans la même interrogation que quelqu'un d'autre ou dans la même affirmation car il est bon de reconnaître les mêmes constats venant d'un autre.  En fait, il n'y a rien de compliqué dans ce que je tente de dire sauf qu'on dirait que je tente de dire une chose sans en prononcer la négation.  Autrement dit, si j'essaie de dire que penser est une chose solitaire, j'essaie aussi de dire que nous sommes des milliards à l'être et que nous sommes aussi des milliards à essayer de ne pas l'être. Et que nous sommes également des milliards à être reliés par cette machine à penser qui réside en soi. Quoiqu'on en pense.  Est-il préférable d'être dans de tels états ou serait-il plus sain de contempler la corde à linge qui s'est frayée un chemin à travers les branches de l'arbre et qui avertissent le voisin dès lors que j'étends du linge à sécher sur ma corde qui elle est reliée à son poteau qui bouge à chaque fois que j'étends, preuve qu'il est difficile d'être seul.  Ma réponse réside dans le fait que je ne trouve pas que ce soit du temps inutile, tout ce temps que je consacre à cerner le déroulement séquentiel des incidents quotidiens et les percevoir dans leur qualité avec laquelle ils s'alignent et viennent se greffer dans mon petit laboratoire à pensées. C'est l'endroit où je peux placer bout à bout à la fois tous les grands débats sociaux et à la fois tout le résiduel informatif à petite échelle qui vient se loger dans mes idées et que je découvre au fur et à mesure que je m'y attarde.  J'essaie de comprendre quelque chose et de me le livrer avec ce que je peux nommer, rien d'autre.  C'est un filon ayant comme émergence majeure le doute de la rencontre.  

Par canel
Mardi 25 août 2009 2 25 /08 /2009 19:23
- Publié dans : La culpabilité
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En me soulevant, je soulève les autres.  De quoi est fait le souvenir, pourquoi ai-je le pouvoir de penser à hier alors qu'hier n'existe plus.  Est-ce que maintenant existe en dehors des mots que je suis en train d'écrire vu que c'est tout ce qu'il restera du présent dans une heure.  Outre les souvenirs bien sûr.  Il pleut, il outre pleut, j'espère que les campeurs vont s'en sortir intact. Eux aussi sont à se construire des souvenirs mais qu'en restera-t-il, sûrement pas des perséides hallucinantes cette année. Ils n'ont rien vu.  Tout manqué.  Tout raté.  Jusqu'à l'affection de leur mère, jusqu'à l'amour de leur père.  Ils sont comme des campeurs de la vie ces enfants négligés qu'un jour un parent dépassé a dû confier à un filet social.  Pourquoi ces souvenirs ce matin, il outre pleut et la vague me remonte jusque dans l'âme, je vais peindre un peu pour qu'il en reste quelque chose.  Se servir du fluide créatif d'une peine pour éviter de sombrer dans le morose qui nous rend immobile. J'aime penser qu'il y a des gens qui vont se lever en forme, insouciants et plein de projets ce matin.  Moi ça m'arrive souvent mais il y a aussi ces fois qui sont différentes, si différentes que je me rattache à mon sur place et j'observe.  Quoi de plus sûr, quoi de mieux que le non agir comme façon d'agir, parfois...  S'abstenir pour mieux ressentir.  Parfois l'âme est défectueuse.  Elle se dit que si le souvenir n'existait pas, elle fonctionnerait peut-être mieux, elle serait neuve et pleine de confiance. Elle serait plus proche de sa nature paisible.  Mais avec les revers du vécu, il n'en est pas toujours ainsi.  On lorgne du côté de la carence et ça devient lourd et inadéquat. Parfois l'âme est défectueuse et on l'aime ainsi.  L'ensemble contenant tout, pourquoi stagner là où ça fait mal alors qu'il y a des belles places qui nous attendent au frais sous le chêne.  Il y a toujours d'autres gens qui recherchent la même fraîcheur, pourquoi ne pas les rejoindre.  
Par canel
Vendredi 21 août 2009 5 21 /08 /2009 12:18
- Publié dans : La culpabilité
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Ma solitude me touche.  Tout le jour, l'on doit s'y frayer un chemin pour éviter qu'elle ne nous égorge. On est dans la course avec elle et il n'y a de place que pour deux.  Tous les autres sont du surplus. Un duel dans la cour intérieure de mon esprit, c'est déjà bien assez. Je me conforme aux règles du jeu.  Je lui laisse sa place, je prends la mienne, je me retire, elle en fait de même,  il y a des heures qui passent et soudain je me rends compte que je la cherche, je dois la retrouver sinon je vais me retrouver seule.  Quel paradoxe.  Mais où donc est-elle?  La voilà, je la retrouve très affairée dans un coin, à écrire une lettre pleine de sentiments à quelqu'un qui doit lui tenir à coeur je suppose.  Bon dans ce cas, je vais écrire moi aussi.  La préoccupation de savoir à qui je vais écrire va m'occuper suffisamment pour ne plus avoir besoin de ma duelle. Il est vrai que plus l'esprit est préoccupé, plus on est occupé. Et c'est à ce moment là que la solitude en prend un bon coup.  Elle se retrouve seule à son tour. Je l'abandonne. Je la déjoue et je réussis constamment. Rien n'est définitif.  L'air passe au travers des barreaux, j'ouvre la porte et je sors.  Me voilà en pleine oeuvre, à la rencontre d'un amas chimique déambulant, un être qui occupera toutes les parcelles de mon corps et qui meublera toutes les incendies de mes esprits.  Je suis hors de ma loge, tout est possible et je vais de ce pas tenter le tout pour le tout.  Une vitrine m'attrape, elle me reluque,  je me sens relique, je m'active parmi tous ces livres, ces couvertures vieilles et aguichantes, pleines de savoir que je ne connais pas, à quoi vaut de s'en faire avec son ignorance, trop de choses à retenir, impossible de tout savoir alors je trouverai toute seule.  J'achète une plume.  Je sors, émue de toutes les promesses contenues dans une plume, dans cette plume, je trébuche sur une pierre, celle de l'ignorance, je la ramasse, la place dans mon sac à plume, je respire et je suis heureuse.  Je m'achète un café américain et je file tout droit chez moi, quelqu'un m'attend.        

Par canel
Mercredi 19 août 2009 3 19 /08 /2009 13:24
- Publié dans : La culpabilité
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Voilà, je pensais bien que quelque chose me tomberait sur les sens, les yeux fermés tout grands ouverts, tel un rêve de jour imprévu qui vous fonce dans la vue au beau milieu de nulle part.  Les yeux ébahis devant la beauté d'un objet abandonné, cette fois-ci l'objet étant fait de bois rond situé en pleine forêt.  On en a fait le tour tant de fois, on a testé tout ce qui était testable, on a tant bien que mal appuyé l'échelle sur le mur arrière du chalet entre deux planches, on a vu au travers de la vieille fenêtre, on a cru au possible, on a cherché la clé sous le paillaisson et derrière chaque arbre puis on a réglé le tout par quelques incantations occultes et universelles afin que le ciel nous réserve une place de choix dans le cerveau de ce veinard de propriétaire vieillard qu'on aimerait bien pouvoir aimer un de ces jours, clé en main.  On fera que très peu de changements car le tout est parfait tel qu'il est, avec son petit air de chalet invitant qui semblait nous dire combien il serait prêt à passer le reste de ses jours en notre compagnie.  Nous étions trois et nous ne ferions qu'une.  L'univers va s'en charger, il ne peut en être autrement puisque nous laissons couler le flot de la créativité dans le sens qu'il en convient à ce dernier.  Quelle chance! Plus d'inquiétude, que des certitudes. Un souhait crypté sous une pièce d'art, nous attendons. Par ailleurs les perséides et ses milles étoiles plus filantes les unes que les autres sont venues bonifier le tout dans un contexte de grande noirceur, spectacle de l'univers où les retombées sont aussi imprévisibles qu'attendues. Et nous ferons partie de ces retombées célestes remplies d'étincelles scintillantes, une grenouille  me l'a dit le matin venu, non pas en songe car nous étions deux lorsqu'elle s'est nonchalamment imposée à nous sur le quai et son sens de la promesse comme dans les contes était à son comble. Le quai chambranlait tout comme nos sensations.  Nous ressentions vivement, tout en induisant déjà un sens nouveau à nos cohabitations terrestres.  Quelle facilité lorsqu'on s'y adonne, c'est à  suivre.
  
Par canel
Samedi 15 août 2009 6 15 /08 /2009 23:12
- Publié dans : Le constat
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